Depuis les années 1970, tout se passe comme si la production de connaissances en biologie avait lié son sort aux logiques de marché, au Nasdaq, aux grandes entreprises et aux brevets. Pour les sciences sociales, les biotechnologies ont constitué un véritable « laboratoire » pour l’analyse des transformations de la science en société ; c’est principalement à leur sujet qu’a été débattue la thèse du capitalisme académique. • Comment l’imbrication entre recherche et industrie modifie-t-elle les normes de la communauté académique ? • Quelles sont les conditions de la compétition scientifique et technique ? • La circulation des connaissances et la détermination des agendas de recherche ? • Quelle est la portée des initiatives visant à restaurer les « communs de la science » ? • Jusqu’où peut aller cette remise en cause de la marchandisation des savoirs ? Fabienne Orsi est économiste, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement. Son thème prioritaire concerne l’économie des droits de propriété intellectuelle et de l’innovation dans les domaines de la pharmacie et des sciences de la vie. Ses travaux ont porté tout d’abord sur l’évolution du droit des brevets dans le domaine de la recherche sur le génome humain et sa co-évolution avec l’organisation des marchés financiers. Elle a longuement travaillé sur l’accord relatif à la propriété intellectuelle de l’Organisation mondiale du commerce et son impact sur l’accès aux médicaments du VIH/SIDA dans les pays en développement. Elle développe actuellement des recherches sur les conditions d’émergence et de soutenabilité de nouveaux « biens communs immatériels » conçus comme alternatives au phénomène montant d’usage renforcé et exclusif de la propriété intellectuelle.